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À la rencontre de Régine Siarras et de ses rimèd razié

1 sept.
3 min de lecture

Avec "Une vie rythmée par les effluves des Rimèd Razié", Régine Siarras signe un récit de vie dans lequel la Guadeloupe n’est pas un simple décor. Elle est un territoire d’apprentissage, de souvenirs et de savoirs, présent jusque dans le titre de l’ouvrage.


Publié aux Éditions LARGENT, le livre rejoint un catalogue où les récits personnels ont aussi vocation à conserver ce qui mérite d’être transmis. Nous avons posé six questions à Régine Siarras pour entendre l’autrice derrière le texte et découvrir ce que la publication de ce premier ouvrage représente pour elle.


Pourquoi ce livre, pourquoi maintenant ?


Ce livre est dédié à tous, plus particulièrement aux générations futures, des Antilles et du monde. J’ai voulu symboliser et définir les bases qu’on se doit de connaître avant, je dirais, toute évolution.


Alors, pourquoi maintenant ?


J’ai ressenti l’urgence de l’écrire et de le faire connaître à un grand nombre, parce que le monde et les nouvelles technologies avancent à une allure folle, où l’ancrage pour y faire face est le maître mot. Plus nos racines seront profondes et plus nous pourrons faire face aux vents.




Qu’est-ce que ça change en vous de le voir publié ?


C’est une fierté pour moi. Je me rappelle chaque instant où je sollicitais parents, amis, proches pour ajuster mes souvenirs. Toute cette aventure m’a démontré que j’avais grandi et été nourrie par toutes ces connaissances. Tout a un sens aujourd’hui, et beaucoup d’émotions s’entremêlent.

Je suis ravie de pouvoir partager cet ouvrage avec mes lecteurs.


Qu’est-ce que vous voulez que le lecteur en garde, une fois le livre refermé ?


Je souhaite qu’il prenne un temps de réflexion pour évaluer ses connaissances et observer si cet outil lui parle. Ainsi, lui permettre de se redéfinir dans ce monde où tout va vite.


Le choix des Rimèd Razié comme fil conducteur donne au récit de Régine Siarras une dimension particulière. En Guadeloupe, ces remèdes puisés dans les plantes et les connaissances populaires appartiennent à un patrimoine qui s’est longtemps transmis dans les familles, par la parole, l’observation et la pratique.

Les faire entrer dans un récit de vie, c’est aussi leur donner une place dans l’écrit.

Mais Une vie rythmée par les effluves des Rimèd Razié reste avant tout le livre d’une femme qui choisit de raconter son parcours depuis l’endroit où elle se tient aujourd’hui. Et lorsqu’un récit personnel devient un livre publié, une autre question apparaît : que révèle finalement une autrice d’elle-même lorsqu’elle décide de confier son histoire aux lecteurs ?


Les Rimèd Razié traversent votre récit, mais derrière les plantes, il y a aussi des gestes, des voix, des personnes qui vous les ont transmis. Qui sont les femmes et les hommes qui vivent encore à travers ces savoirs dans votre livre ?


Malheureusement, ils ne font plus partie de ce monde. Il y a mon oncle Phoenix, qui a toujours salué toutes mes inventions, mon cousin Félo et sa femme, « Madame Félo », et ma grand-mère Constance.

Je m’enrichissais de leur savoir et ne m’en lassais jamais. À leurs côtés, j’observais, j’enregistrais et m’imprégnais de tout, tant ma soif de connaissances était grande.



Votre livre raconte une Guadeloupe où l’on savait observer, cueillir, préparer, soigner avec ce que la nature mettait à portée de main. Est-ce que vous avez écrit aussi avec le sentiment qu’il fallait préserver cette mémoire avant qu’elle ne se perde ?


J’ai été bercée par tout ce patrimoine jusqu’à mes 14 ans, et un événement a tout remis en question : ma santé. J’ai vécu de longues années sans repères, traversées par des périodes de dépression, des phases d’absence.


La modernité, pour certains, nous éloigne de la nature. Vivre à la campagne devient « has been », alors que toutes nos richesses et nos savoirs proviennent de là. Notre rapport à la nature, cette grande ressource, s’effritait de jour en jour.

En 2020, la crise sanitaire a rebattu les cartes. Tous ces éléments m’ont montré qu’il était urgent et important de préserver cette mémoire de nos aïeux.


Qu’est-ce que ce livre dit de vous ?


Ce livre me montre telle que je suis, authentique, où je me livre en toute sincérité et en toute transparence, sans jeu de mots.


Je suis une femme spirituelle, qu’on dit solaire, engagée, bienveillante, et j’invite le lecteur à le découvrir tout au long de sa progression dans le livre.


Ce livre fait ressortir mon attachement à ma culture, mon désir de transmission. À travers celui-ci, je me suis retrouvée et révélée. Il m’invite à être le porte-flambeau, au-delà des frontières, et à continuer à faire ce travail de mémoire.


Offrez-vous "Une vie rythmée par les effluves des Rimèd Razié", et faites plaisir à vos proches en leur offrant cet ouvrage utile de Régine Siarras :




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